Déjà au primaire, j’étais bavarde. Non en fait j’étais très bavarde. J’étais une « souillon » et j’étais madamejesaistout. Tout ça avait le don d’énerver mes parents. Je faisais de la danse. Ça a été leur moyen de répression durant 10 ans : si à la fin de la semaine il y a un mot pour bavardage, pas de danse ! Oh qu’est ce que j’ai pu pleurer ! La danse était mon moment d’évasion à moi.
hands-bar_op_800x585Je n’avais pas le droit de fêter mes anniversaires à la maison avec des copines en présence de mon père. Pour la raison suivante : il ne fallait pas le déranger dans son chez lui. En fait, j'ai subi reçu une éducation très stricte. Combien de fois ils m'ont dit "oh c'est pas le bagne non plus".

Dans la même série, chaque dimanche après-midi, du CP à la 3e, mes parents venaient vérifier les devoirs. Ah mais quel mot horrible. J'ai toujours détesté ça pourtant j'étais bonne à l'école. J'adorais étudier. Seulement à la maison, on m'a tellement mis une pression énorme sur mes épaules que j'en ai fini par être écœurée. Je travaillais pour eux et non pas pour moi. 

Toujours est-il que je flippais vraiment que ce soit mon père qui viennent me corriger les devoirs. Il s'asseyait sur mon lit, j'étais à mon bureau, il avait mon cahier de texte/agenda en main. Ma chambre était silencieuse, l'ambiance était pesante. Et une par une, on faisait les matières. Je pleurais à chaque fois, il s'énervait à chaque fois. Quand il devait signer mes contrôles, il remettait tout en question. Il n'était jamais satisfait. Je ramène un 9/20 et la moyenne de la classe est 6 : je m'en fiche des autres, pourquoi t'es pas capable d'avoir au dessus de la moyenne ?? Je ramène un 13/20 : ah ouais, c'est vraiment pas terrible ça... Je ramène un 16/20 : Et pourquoi t'as pas eu 20 ? Et puis j'ai oublié, avant de vérifier les devoirs, il vérifiait l'état de ma chambre : poubelle vidée, ménage, rangement. Il examinait mes cahiers pour voir si j'étais toujours une souillon. Chaque semaine pendant 10 ans ça a été comme ça. 

Les devoirs de vacances aussi. Tous les ans pendant 10 ans également. Ils enlevaient les corrigés, les cachaient et chaque après-midis, je devais faire une double page. J'aimais bien faire la page découverte, l'anglais et le français. Mais alors les maths, oh mon dieu. Larmes sur larmes. Je ne comprenais rien. Ils étaient à la piscine et moi je pleurais en restant parfois 2h à faire mes deux pauvres pages de maths. Faut dire qu'avant jadis, en matière de cahier de vacances il n'y avait que le Passeport. Vraiment pas attractif. Une fois même ils m'ont filmé pleurer devant ces pages. L'humiliation totale.

Collège. Je détestais mon corps, un peu plus rond que les autres et encore, pas tant que ça. Je pensais être grosse puisqu'on me le disait à l'école et à la maison on me le faisait comprendre. Avec du recul maintenant, quand je regarde ces photos, je me trouve normale.  Ils ont réussi, tous autant qu'ils sont, à me faire pleurer et pleurer dans la cour car soit disant, j'étais grosse. J'ai beaucoup pleuré aussi à cause des vannes pourries sur mon nom de famille. Mes copines me trahissaient toutes les unes après les autres car je n'étais jamais à la mode, j'étais très aimée des profs (et je les aimais beaucoup), et surtout, je n'étais pas rancunière. Je ne suis jamais rentrée dans le moule. On se foutait toujours de ma gueule. En 5e, on a mis de la glue sur ma chaise. On m'a aussi collé un chewing-gum dans mon jean dans les vestiaires de la piscine, ce qui a fait l'effet d'un suçon toute la journée. Quand je m'en suis aperçue, j'avais très mal et ma peau était violette sur 7cm de diamètre. En 3e on m'a giflé un nombre de fois indéfinissable.

En seconde, on a imprimé une photo de moi prise sur mon blog et on m'a collé un nez de cochon dessus et prenant soin de marquer des mots horriblement blessant. Lors d'une dissection de souris, on m'a foutu dans mon sac de cours une queue de souris. Le lendemain en cours on me dit alors sympa la souris dans ton sac hein ?! Et là j'ai regardé et j'avais bien une queue de souris dans mon sac. Blanche sauf au niveau de la découpe. Ça sentait si mauvais. On m'a humiliée tellement de fois en seconde. On a cherché à détruire ma vie. J'allais si mal. J'ai rencontré le roux. On m'a dit bah dit donc, si toi t'arrives à trouver quelqu'un alors tout le monde peut ! Très agréable. Je me suis pétée le ménisque une fois, j'arrive au bahut avec des béquilles et le roux qui ne voulait pas traîner avec moi à la récré car je ressemblais à une clocharde. En première, j'ai rompu avec le roux. Il a pris soin de faire passer le message à tout le bahut que j'étais une salope. C'est agréable surtout que du CP à la Terminale je suis restée dans le même établissement. Il s'est chargé de monter tout le monde à dos, y compris nos amis en commun. En Terminale, je m'étais liée d'amitié avec ma prof de maths de l'an passé. Une prof géniale, on passait des heures au téléphone, elle venait chez moi, j'allais chez elle. Toujours là pour moi et moi toujours là pour elle. J'étais devenue sa petite soeur, elle était ma grande soeur. J'en ai écris un article sans jamais la décrire ou la citer, révéler sa profession ou quoi. Des petits couillons d'emmerdeurs l'on imprimé et placardés dans le lycée. Je ne comprends toujours pas pourquoi aujourd'hui on a cherché à me faire tant de mal. 

J'ai perdu beaucoup de poids au lycée. J'ai atterri à un 36/38. Complexée par mon corps. Détestant mes seins. Début de la Terminale, je me suis mise avec frenchy. Il n'était plus au lycée. Mes parents ne voulaient pas que je le vois après les cours ou le weekend. Ah oui je ne vous ai pas dit que je n'avais jamais le droit de sortir le weekend. Je devais toujours rester à la maison. Jamais inviter qui que ce soit. Je n'avais pas le droit d'avoir un téléphone portable. Je devais déposer mon ordinateur tous les soirs à partir de 19h dans la chambre de mes parents. Ne plus utiliser le téléphone fixe après 19h.

Puis l'été de ma terminale, avant mon entrée en DUT, j'ai fugué car mon père, devant ma famille, ma accusé d'un truc dont je n'étais absolument pas responsable ni même liée. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. J'étais à ce moment là en vacances chez mes grands-parents. J'ai courru, courru, courru. C'était marrée basse, j'ai escaladé les rochers pieds nus, j'ai escaladé un blockhaus et je suis restée là, toute la journée. La mer remontait, et d'où j'étais, j'étais très haute et surtout entourée de rochers. Je n'avais pas mangé depuis la veille au soir, il faisait très très chaud. Je n'avais pas à boire. Je ne me souvenais plus de mon code pin de téléphone. Je  ne pouvais pas joindre frenchy (ça faisait 11 mois qu'on était ensemble). J'arrivais à décrocher quand il m'appelait. Je lui ai dit que j'allais sauter. Que je n'arrivais plus à vivre ma vie. Mes parents me gâchaient la vie. Il a pleuré, il avait très peur. Et puis je n'ai plus eu de batterie. Je n'ai pas sauté car je voulais lui dire au revoir avant de partir. La nuit tombait, j'ai marché pour trouver un abri pour la nuit et je me suis évanouie. On m'a dit que je suis restée un petit bout de temps évanouie avant que quelqu'un appelle les pompiers. Je me suis retrouvée à l'hôpital, avec des perfusions de glucose. J'ai été brûlée au 2e degré à cause du soleil. J'avais des cloques partout sur mon visage, mes bras, mes mains. Mes pieds étaient écorchés de partout avec du sang ici et là. Ma famille est venue me chercher à l'hopital. J'ai dormi chez mes autres grands-parents (ils habitent dans la ville d'à côté de mes autres grands-parents). Ce soir là je n'ai pas vu mon père. Il m'a ramenée plus tôt que prévu sur Paris. J'ai revu frenchy. Je me sentais rassurée et aimée à ses côtés. On s'est tout d'un coup aimé plus fort. 

Mes deux années de DUT ont été atroces. Harcèlement moral à cause du roux et de ses amis (qui avaient été les amis de frenchy du temps du lycée). J'ai été déposé une main courante pour harcèlement moral, usurpation d'identité, droit à l'image, et droit à l'image sur mineur (ma petite soeur). A côté de ça, le niveau des cours était très haut, avec toutes mes copines de l'IUT on a fini par se détester à cause de tout le travail de groupe. Je prends plus de 20 kilos, me voilà avec trois tailles en plus. 

Heureusement je suis partie 2 mois au Québec en 2e année pour faire un stage. Je suis partie avec deux filles de ma promo que je ne connaissais pas. On est devenue super amie. Aujourd'hui, l'une d'entre elle est ma meilleure amie. Ces deux mois auront été les deux plus beaux de ma vie. A l'issue de ce stage, on m'a proposé un job, ça avait l'air vraiment officiel. Je l'ai accepté. De retour en France, mon futur-ex-employeur me dit qu'il n'a pas assez de financement pour moi finalement, qu'on doit attendre septembre pour savoir s'il a obtenu sa bourse. Il ne l'a pas eue. Du coup, trop tard pour m'inscrire en licence pro. Obligée de taffer. Je taff dans des hôtels de luxe au service petit-dej. Début du taff à 6h30, fin à 12h30. Tailleur jupe, cheveux attachés, talons en cuire. Porter des plateaux lourds, sourire, transpirer, parler anglais, parler espagnol. 10 minutes de pause de toute la journée. Bref, un job que j'ai détesté.

Mois de décembre, je trouve un job près de chez moi, à 3 minutes à pied. Bien payé. Le commerce de proximité c'est cool. J'ai appris à désarêter le saumon et à le fumer. Puis à le vendre aussi. Très bonne expérience. Je décide de partir en Irlande pour être au pair et je ne reçois aucun soutient mise à part celui de frenchy. Heureusement qu'il est là pour moi. Je me le dis tous les jours. Et pour connaître la suite, rends toi ici et .

Putain je suis contente d'en être sortie !
Enfin presque sortie car avec mes parents, c'est pas encore top
Tag(s) : #etats d'ame, #couple

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