IMG01332-20120104-1004Quand j’ai annoncé à mon entourage que je partais vivre en Irlande, j’ai eu toutes sortes de réactions.

Mon homme : « Tu as raison, tu rêves depuis longtemps de partir à l’étranger, fais ce qui te rend heureuse. » Je pense que niveau compréhension et empathie je ne pouvais pas trouver mieux.
Mes amies : « Whoua t’as le courage de tout quitter c’est vachement bien ! Je ne pourrais pas moi.»
Ma sœur : « Ca veut dire que je vais pouvoir récupérer ta chambre ? Et tu vas garder ton Blackberry ? »
Mes grands-parents paternels : « OH quelle surprise »
Mes grands-parents maternels : « Donc t’arrêtes tes études ? »
Mes oncles, tantes, cousins, cousines (ces derniers sont plus jeunes que moi) : « Donc pour toi les études c’est finit là ? Et t’as pensé à ton homme ? Tu vas le quitter ? Papa et maman ils en pensent quoi ? »
Mon père : « D’accord. Explique-moi tes motivations. » Mon père, très pragmatique, veut avoir tous les éléments en main pour avoir un avis.
Ma mère : « Donc voilà, tu arrêtes tes études. Tu gâches ton talent. Et je suis sûre que ton homme est triste. T’as pensé à lui un peu ? Non mais sérieusement, je n’assume pas tes choix de vie ».


Donc évidemment, au début, ça blesse de s’en prendre plein la gueule comme ça.
Sauf que pour moi, ce qui m’importe vraiment, c’est l’avis de mon homme. On en a beaucoup parlé. Voici ce que ça donnait à peu près  (toutes ces phrases viennent de moi) :

Tu es sûr que je vais te manquer ?
Tu m’aimeras toujours ?
Dis, on se verra hein ?
Mais toi, tu vas faire quoi sans moi ?
Tu seras triste ?
Tu vas pas me tromper hein ?
Si tu me trompes tu me le diras hein ?
Tu sais moi je t’aime, en France ou en Irlande, ça ne change rien
Oui tu as raison, on avance main dans la main, à chaque épreuve, ça ne peut que renforcer notre amour.



Donc après bientôt 4 ans d’amour, j’ai toujours peur d’être remerciée du jour au lendemain alors qu’il n’y a aucune raison. Mon homme et moi, on est dans une super bonne période depuis 2 ans. Genre, on n’a aucun problème. Je sais, truc de dingue (mais ça c'est un autre billet).


Bref, tu l’auras compris, je suis partie la tête haute, peu importe le non-soutient que j’ai reçu surmonté d’une grosse touche d’incompréhension.  Car oui, j’ai décidé d’être heureuse et pour ça, je devais vivre mon rêve que j’ai depuis la 6e : vivre à Londres et être prof d’anglais. Euh ouais, je suis d’accord avec vous, y’a un problème là. Je suis en Irlande et je ne suis pas prof. En fait, avant jadis, je pensais qu’on ne parlait anglais qu’en Angleterre (comprendre Royaume-Uni car je ne savais pas que l’Angleterre appartenait au R-U).
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Toujours est-il, qu’en janvier, j’ai pris l’avion direction Dublin. Depuis, je ne regrette pas ce choix !
Leurs réactions maintenant :

Mon homme : Tu es plus détendue, tu en avais besoin »
Mes amies : « T’as tellement l’air de t’amuser, c’est cool ce que tu fais »
Ma sœur : « Donc en mai j’ai prévu de m’installer dans ta chambre. Qu’est-ce que je peux mettre dans les cartons ? Je peux utiliser tes meubles et ton lit ? »
Mes grands-parents paternels : « Tu rayonnes, c’est un plaisir de te voir heureuse comme ça »
Mes grands-parents maternels : « Bon et quand est-ce que tu viens nous rendre visite ? »
Mes oncles, tantes, cousins, cousines : « Et du coup tu fais quoi en septembre ? »
Mon père : « Et la récession tu la ressens là-bas ? Je pense que t’as bien fait de partir, ça va devenir de plus en plus difficile pour ta génération et les suivantes d’avoir un job. Faudra être bilingue et être mobile.»
Ma mère : « Et tu as regardé pour passer le TOEIC ? T’as vu des écoles pour faire ta licence en septembre ? »

J’aime bien aussi ce genre de remarque : « Au moins avec ta peau blanche et tes taches de rousseur, t’as bien choisi ton pays ! »

Si j’avais écouté mes parents, mes oncles, mes tantes, mes cousins et mes cousines, j’aurais dû rester en France avec mon mal-être, à faire quelque chose qui ne me plait pas.
J’ai décidé l’aventure en pensant à moi et à mon avenir.

Je ne regrette absolument pas ce choix. J’ai déçu ma mère mais je m’en fiche mais alors complètement. J’ai arrêté de vivre pour elle. Parce que sinon, j’aurais dû faire un bac S (ce qui veut dire avoir aucun problème avec les chiffres, la physique etc), être fine, ne pas avoir de copain au lycée, aimer les fruits et les tomates, et puis étudier jusqu’à obtenir des cernes (je n’en n’ai jamais, même après une nuit blanche), genre faire une grande école de commerce. Ah oui et j’oubliais être catho pratiquante en m’habillant avec des jeans droits, un pull bleu marine et une chemise blanche.

Donc en fait, j’ai fait un bac ES (il y avait suffisamment de chiffres comme ça !), puis un D.U.T Techniques de Commercialisation à Paris Descartes (niveau très élevé), je fais du 44, j’ai eu 1 copain au lycée –le roux-, j’aime pas les fruits et les tomates, j’ai décidé d’arrêter le commerce mais ça elle ne le sait pas encore (mais c’est un autre billet tout ça) et enfin, je suis catho, plus trop pratiquante hélas (en même temps, là où j’habite en Irlande, j’ai pas d’Eglise à côté) et je m’habille normalement.
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 Moralité : Il faut savoir penser à soi en premier car même si d’un premier abord, ça semble être égoïste, au final, c’est bénéfique car on se sent mieux. Et si on se sent mieux, ça se ressent . Comme je n’arrive pas à expliquer ce que je veux dire, je vais l’illustrer par ce magnifique slogan : « C’est bon à l’intérieur et ça se voit à l’extérieur. »
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