L’enfant des murailles

Je restais bloquée derrière cette porte de l’Enfer. Le silence. Il me faudrait sortir de cette ombre, me révéler à moi-même et surtout à Lui. Rien n’est évident. Je peine à trouver une solution, je prends sur moi à chaque reproche mais je lutte vraiment, indéfiniment. Comment réagir ? Acquiescer et s’excuser ou bien prendre peur et fuir ? Le second choix est celui que j’ai fait très longtemps auparavant et qui me colle à la peau depuis. Usée. Oui, je suis usée d’essayer de m’en détacher, c’est en vain. J’ai peur de me découvrir, d’avancer vers cet inconnu, celui qui est si difficile à accepter, celui qui est l’acceptation de l’imperfection, de mon imperfection.
La solitude que j'éprouve me déchire le cœur à chaque instant que j’y repense et me fait saigner le cœur de douleur. Comme si une main venait, me caressait le visage, le cou puis descendait aux épaules puis soudainement m’arrachait ce qui me permettait de vivre, ce cœur assoiffé d’amour à donner et à recevoir.


Plus d’une fois il a essayé de franchir la muraille qui nous sépare, plus d’une fois j’ai essayé de le rejoindre. Plus d’une fois ce fut la fuite de ma part, plus d’une fois nos ailes se brisèrent. Je l’aime à lui laisser mes petites plumes fragiles et je le déteste à me confronter, même le plus tendrement possible, à la vérité. Tel est mon trouble. Alors évidemment on s’est fait des promesses. On s’est promis la Lune malgré vents et tempêtes. Pourtant, dès le premier brouillard, lui, continue mais moi je panique. Les frissons s’emparent de mes mots. Ma parole n’est plus mienne… Ah que j’aimerai avoir le courage d’entrer dans ce théâtre au loin et y faire tomber mon masque.

Voir ses yeux briller telle une étoile dans la profondeur de la nuit, voilà mon souhait le plus profond. Bien sur, plus d’une fois l’idée m’est venue de faire un appel à témoins pour que l’on m’aide. Mais j’ai honte. J’ai honte d’avouer mes faiblesses, j’ai peur qu’il me voit telle que je suis. J’ai peur qu’il me fuit. Alors, je le fais souffrir. Ce n’est pas mieux, ça c’est sur. Est-ce mal de rêver d’être un enfant dans une corbeille ? Un enfant à qui on ne penserait même pas ? Est-ce mal de rêver d’un duel au pistolet et de tout faire pour se faire tuer ? Pour enfin disparaitre et ne plus faire de mal à celui que l’on aime ? Je crois que non. Tout dépend du génie du lieu choisi pour mourir en héro dans notre misérable petite vie. Je pense qu’une légère absence se ferait ressentir après m’être jetée du Pont de Mirabeau, puis durant les premières visites sur ma tombe, une phrase reviendrait dans la bouche de chaque passant : «Elle a enfin tiré son chapeau, Dieu qu’il était temps ». De là, ma tombe ne serait qu’une petite pierre de marbre abimée dans un cimetière où règnerait désespoir et fatalité.


La vie serait alors une fatalité, où même la volonté ne nous suffirait pas à nous échapper de notre destinée.

Il s'agit d'un texte que j'ai écrit le 3 février 2010. On ne m'avait donné que le titre, et je devais en faire un texte.

MA DEUXIEME PARTICIPATION A UN CONCOURS :Thème « écrivain en herbe »

Voici ma participation au concours de Marie, sur le thème "écrivain en herbe".
Retrouvez son concours sur son blog, et dépéchez-vous de participer avant le 24 mars !

Tag(s) : #etats d'ame

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