NON MAIS CA VA LA OH ! -2

Cet article est la suite de celui-ci.

Comme je te l’ai déjà dit, la mother m’a dit en avril qu’elle était enceinte et que l’arrivée du 3e monstre de la famille (bon okay, ce n’était pas le terme qu’elle a employé), ne « changerait absolument rien pour moi ».

Bon je n’étais pas dupe, i mean, je la connais. Je la voyais déjà venir me voir « tu peux juste me faire un biberon stp ? », « Oh, j’ai fait une lessive, tu peux l’étendre stp ? » etc.

Et bien il s’avère, que pas mal de petites choses (chiantes) ont changé mon planning de la semaine.

Exemple 1 : Thursday lunch
Les mardis et jeudis matins je travaille de 7h45 à 9h15. Puis je reprends à 13h. Pour éviter qu’elle me demande de bosser plus (sachant que je n’ai pas d’augmentation de salaire), j’avais décidé d’aller pédaler. Ainsi, à 9h15, je rentre de la maternelle, je lance la machine des 2 enfants (ça c’est que le mardi) et à 9h45, je pars à vélo pour une heure de cyclisme (ouais, ce n’est pas du vélo, c’est du cyclisme vu le dénivelé de la route), des fois je m’arrête une petite demi-heure pour lire devant un estuaire super calme. Puis je suis de retour à la maison, je me fais à manger vers 11h30 et puis je dej en lisant. Ensuite, de midi à 12h50, je me repose en essayant de dormir/lire/regarder la télé. Puis je file chercher les kids à la maternelle. Le jeudi matin, même programme sauf que je fais MA lessive et non pas celle des mioches.

Maintenant que tu connais mon programme du matin, je te raconte ce qui a changé. La mother m’a demandé de faire le dej du jeudi midi. Autrement dit, elle m’a balancé ça comme ça : « Je voulais te demander si ça te dérangerait de faire le lunch le jeudi, tu sais, le father fait plus souvent la cuisine aussi, il essaie de m’aider (comprends ici qu’elle ne fait plus un repas) de plus en plus, et puis comme tu aimes bien cuisiner ».

ET PUIS COMMES TU AIMES BIEN CUISINER.

Médites cette phrase. Si ça ce n’est pas de la manipulation ! Tu veux que je réponde quoi à ça ?! « Euh, sorry poulette, j’ai développé récemment le syndrôme de jenecuisinepaspourdescons et malheureusement, cela affecte mes aptitudes à cuisiner. »

« Euh, d’accord. » Du coup, mercredi dernier, j’ai voulu m’avancer dans mon travail (comprends ici que j’ai préparé le repas la veille au soir, histoire d’être pénarde jeudi matin). Je file au yoga. Quand je reviens, les ¾ du repas étaient partis. Les parents ont tout simplement bouffé mon chili con carne. Il en restait tout juste pour les enfants le lendemain. Alors je n’ai rien dit. J’avais juste la rage. Même pas une part pour moi. J’étais hors de moi.

Jeudi je dois faire un repas, je sens que je vais faire salade de riz avec les restes du frigo : riz, poivron, thon, cheddar, mayo. Rien à battre, et que pour 3.

Exemple 2 : the dish washer
D’ordinaire (i mean, avant BB), je vidais le lave-vaisselle 2 à 3 fois par semaine, sachant que j’ai une semaine de 4 jours. Maintenant, depuis BB, c’est tous les jours. La raison ? Les biberons, les tétines et tout le bordel. Je déteste vider le lave-vaisselle. Ils le font tourner à ras-bord, y’a plus de vaisselle que ne peut contenir le bordelum. C’est juste trop chiant, je suis aupair et non pas bonne à tout faire (tiens, je devrais recopier cette phrase en guise d’introduction sur mon blog).

Exemple 3 : mes horaires
Comme je l’ai dit sur la première partie de cet article (cf le link en début d’article), je travaille plus. Ça va de 1h à 3h de plus par jour. Certains soirs (et ça arrive au moins une fois par semaine) je bave à 19h30 sur l’oreiller. Je tombe de fatigue.

Mais tu sais quoi ? Elle m’a dit l’autre jour :

- « tu sais, je ne comprends pas pourquoi tu ne sors jamais le weekend ? Enfin, si c’était ma fille, je serais vraiment inquiète, tu es jeune, tu devrais t’amuser, sortir…

- Le truc c’est que je préfère économiser, que j’ai rencontré des super filles en début de mon aupairing, qu’elles sont rentrées dans leur pays au mois de juin et que ça m’a rendue très triste. Je suis quelqu’un d’entier. Je ne m’attache pas à moitié. Ou j’adore ou je déteste. Pas de juste milieu. J’ai été trahi en amitié et ça m’a beaucoup affectée et changée.

- Mais tu es ici que pour quelque temps, tu ne vas pas passer ta vie ici, les gens que tu vas rencontrer ne seront pas des amis pour la vie mais peu importe, il en va de ton moral.

- Mais moi je me sens bien comme ça, je sors un peu en ville (= Dublin), je pédale tous les weekends et j’adore ça.

- c’est peut-être parce que tu as un copain que tu penses comme ça, et puis l’argent ne fait pas tout.

- Bien sûr que non l’argent ne fait pas tout mais sans argent je n’ai rien. En France, je passais tous mes weekends avec mon copain, je me faisais des soirées avec lui et ***** (une amie qui est déjà venue chez moi en Irlande) et son copain. J’aimais ça, je ne veux pas dix amis.

- Et bien tant que tu le vis bien alors tant mieux

- Oui oui je le vis bien. »

Bon et puis j’ai pris mon vélo et j’ai pleuré (pour changer). Pendant tout cet échange, j’ai retenu mes larmes de tomber. J’avais tellement envie de lui balancer ce que j’avais sur le cœur. Je me suis sentie dans le même état que lorsque mon père m’engueulait. Tu sais, le sentiment d’injustice mêlé à la peur de parler. Ce qu’elle me disait m’énervait tellement. De quel droit elle pouvait me parler comme ça ? J’avais envie de lui que le weekend c’est le seul moment que j’ai pour moi. C’est le seul moment où je peux parler (= écrire) à mon homme plus de 20 min par jour, que c’est le seul moment où je peux dormir, que c’est le seul moment où je peux me détendre, où je peux être une fille de mon âge. Que c’était mon cocon à moi, ma chambre est pour moi le weekend comme un terrier durant une hibernation. Je ne sors en général qu’une à deux fois de ma chambre le weekend. Pour le dej et le diner. Je m’arrange toujours pour ne croiser personne. Je glande en pyj, cheveux sales et ventre qui gargouille. Je ne veux parler à personne car je veux, une fois par semaine, fermer ma gueule et penser. Je ne veux pas être en interaction avec mon quotidien, c’est ma bulle à moi, et personne n’est autorisé à y entrer. Je vis vraiment comme un ermite. Deux fois par mois, je sors sur Dublin, l’espace d’une soirée à boire des bières et danser.

Si seulement leurs enfants étaient élevés, beaucoup de choses seraient différentes. Comme par exemple le silence. Tu sais, le matin j’ai besoin de calme, sinon je choppe une migraine pour toute la journée. Sauf que, sans exagération, un matin sur deux je me réveille avec la migraine à cause des cris et hurlements dans la maison. Je ne comprends pas comment s’est possible. Avec moi, quand on va au brossage des dents le matin, les kids chuchotent et ne courent pas. ON RESPECTE la mother et le BB qui dorment. Alors pourquoi, EUX, ils ne peuvent pas le faire ?!

Bon bref, j’avais aussi envie de lui dire qu’elle s’occupe de son cul, ma vie ne la regarde pas. Moi je ne lui dis pas que sa maison est constamment en bordel, qu’ils ne connaissent rien à l’hygiène, que leurs enfants sont mal-élevés, qu’ils ont des croûtes dans les oreilles, dans le nombril, des ongles incarnés, la peau très sèche (tu sais avec des dartres), les cheveux gras (je persiste, un bain par semaine c’est trop peu, surtout qu’ils ne se lavent même pas les mains une fois par semaine. J’ai bien essayé d’y remédier à ce problème de lavage des mains mais la mom m’a dit que ce n’était pas la peine, « seulement s’il y a de la boue dessus »), qu’ils ont très souvent de la merde au cul car ils s’essuient mal (je le sais quand je les change).

J’ai donc l’intention de lui parler d’une petite augmentation de salaire car le BB a changé des choses dans ma vie d’aupair, alors qu’elle m’avait affirmé que ce ne serait pas le cas. Je n’ai pas encore beaucoup d’idée en matière d’augmentation. Cinq ou dix euros par semaine ? Je pense que 5 euros ne seraient pas trop demandé, étant donné qu’ils sont radins. Je compte bien entendu obtenir cette augmentation, auquel cas je m’en tiendrai STRICTEMENT au contrat qu’elle a rédigé avant que je vienne. Pour mémo, j’avais demandé un contrat avant de venir, pour éviter d’éventuels abus. Ainsi donc, si je me contente de faire ce qui est marqué sur le contrat, mardi, mercredi et vendredi, je finis à 17h15. Jeudi 17h45 ou 18h15. Rangement de la salle de jeu tous les soirs (que je ne fais qu’une fois par semaine car je dépasse toujours mon nombre d’heures quotidiennes), micro-ondage des plats des kids, jeux avec eux, une machine à laver par semaine, vidage du lave-vaisselle et c’est tout. Fini les moments où je garde les mômes pour les coucher, où je reste après mes heures, où je vide le lave-vaisselle le weekend. Bref, je peux être tout ce qu’on dit des français à l’étranger. Arrogants, flemmards, hautains, irascibles. Je peux jouer au con moi aussi (Mouahahah, * rire diabolique*) et je peux être près de mes sous (même si ce n’est jamais le cas, pour te dire, quand je vais à un bbs, je ne demande pas de salaire minimum à l’heure, si on me donne un prix, je dis toujours oui). Bref, faut qu’elle arrête son jeu.

Tag(s) : #aupairing, #you piss me off

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