Toujours en parlant avec ma copine dimanche, je me suis aperçue que j'en voulais toujours énormément à ma mère.


C'est simple. Il n'y a jamais eu de complicité entre ma mère et moi.
Elle n'est pas câline, pas féminine, n'aime pas les bijoux, les massages, le shopping, parler fille, bronzer, les fringues/chaussures.
Elle raconte la vie de tout le monde à tout le monde. Tu ne peux donc rien lui confier.

Ainsi, une fois, j'avais je pense 8 ans, elle était au téléphone, je suis venue lui déposer un bisou sur son bras et je me suis mangée une gifle. Motif : "Ce n'était pas le bon moment".
Elle n'aime pas vraiment donner et recevoir des bisous et des câlins. C'est donc assez difficile quand tu es gamine. Les câlins, je les avais de mon père. Et puis en grandissant, j'ai arrêté de câliner papa et maman. Je me câlinais toute seule si je puis dire. Enfin, j'ai rencontré le roux et il me câlinait.

ON N'A QU'UNE MERE

Non, ma mère n'était pas démonstrative quand il s'agissait d'exprimer des émotions positives. Ainsi, je n'ai pas appris à dire je t'aime, à dire ce que je ressentais. Car les rares fois où je l'ai fait, j'étais réprimée. Non pas battue ou violentée, mais par la parole, on me disait qu'il fallait que je sois moins fleur-bleue. Alors toute ma vie, j'ai essayé de m'endurcir, en vain. Mise à part à un certain moment de ma vie, où j'étais devenue je m'en foutiste de mon corps, du regard des autres, de mes émotions. Je ne suis vraiment pas fière de cette période de ma vie. J'étais en plein mal-être. Je me le cachais. Au lieu de m'aider, ma mère m'engueulait tout le temps. De moins en moins de dialogues constructifs. De plus en plus de crises de larmes, d'excès de colère de ma part.

Il y a toujours eu la menace de la punition. Notamment une fois, ma mère qui m'ordonne, à 16/17 ans de lui donner mon ordinateur portable en guise de punition. Aussi hautaine que possible, j'ai été le chercher, sereine, affichant limite un sourire et en lui disant : Tu veux me prendre quoique soit d'autre afin de me couper du monde ? Elle a été complètement déstabilisée que je ne m'énerve pas. A cette époque, je n'avais pas de téléphone portable, pas le droit d'utiliser le téléphone fixe après 19h, tout comme l'ordinateur.

ON N'A QU'UNE MERE

Ma mère, aussi, n'a jamais eu confiance en moi, elle a toujours douté. Notamment sur le plan scolaire. Or, j'ai toujours, toujours, toujours été studieuse et aimé étudier. Je n'étais pas excellente mais j'avais toujours des appréciations positives, montrant ma motivation à travailler, mon investissement, ma soif d'apprendre.
Le jour du BAC d'Histoire-Géo, ma mère, me reproche de ne pas être stressée. Elle me dit qu'elle sent que je ne vais pas avoir mon BAC. Et qu'est ce que tu vas faire si tu redoubles ?! J'ai eu mon BAC avec mention. Quand je m'inscrivais en post-bac, j'avais mis en premier choix la meilleure école parisienne dans la filière qui m'intéressait. Ma mère m'a clairement dit que jamais je ne serais prise. J'ai été prise. Je lui faisais lire des rapports de stage en DUT. Et une fois, elle m'a sorti que l'un d'entre eux était nul, d'un niveau de 3e. J'ai eu 16, la meilleure note de ma classe.

Plus jeune, ma mère m'a tapé assez violemment à trois reprises. Elle ne s'était pas contrôlée. Je n'ai eu aucune marque nul part je crois bien. J'avais envie de riposter, mais par respect pour elle, je ne l'ai pas fait. C'est ma mère quoi ! On ne tape pas ses parents ! (Et les enfants ?) Ce n'était pas une claque ou une fessée (ça je connaissais bien) mais c'était bien des coups sur mon corps, si bien que je me suis mise au sol, en position de fœtus. Mais la pire des fois, fut la dernière. Je crois que j'avais 15/16 ans. J'étais dans la cuisine, avec mon père et ma sœur. Ma mère m'avait parlé comme un chien, du coup je lui avais dit non à ce qu'elle voulait. Elle a alors pris une planche à découper qui était sur le plan de travail, et ma taper avec, sous l’œil de mon père et ma sœur. Personne n'a bougé. Je me protégeais la tête avec mes bras. Je me souviens avoir eu mal ce soir là, mais j'étais tellement en colère que j'ai vite oublié la douleur. Ça m'a paru une éternité. Peut-être que ce n'était pas le cas. mais j'ai reçu environ dix coups, je dirais. Elle hurlait. Folle qu'elle était. Une fois qu'elle a eu fini, elle est partie je ne sais plus où, et mon père m'a lancé quand elle est comme ça, on ne peut pas l'arrêter. Je me suis sentie dépourvue de tout soutien. Pourquoi personne ne m'avait défendue?

ON N'A QU'UNE MERE

Je ne raconte pas tout, mais voilà en gros pourquoi ma mère, j'ai du mal à la considérer comme ma mère. Je sais qu'elle m'aime, et qu'elle est inquiète et triste car je vis dans un pays étranger. Je sais que je lui manque. Maintenant, elle me le dit. Mais de mon côté, ce n'est pas le cas. Je ne la prend jamais dans mes bras, je ne lui dis jamais que je l'aime. Encore faudrait-il savoir si je l'aime. Je pense qu'inconsciemment oui, c'est ma mère, je n'en ai qu'une. Mais je n'arrive pas à lui exprimer de forme d'affection. Je ne dis pas que je ne suis pas sympa envers elle, juste que je ne suis pas très émotive face à elle. Alors qu'envers mon père, je vais lui dire une à deux fois par an qu'il me manque, que je l'aime, et on va se prendre dans les bras. Je me sens proche de lui, mais je ne lui dis pas.

Ça m'attriste de ne pas "avoir de mère", j'aurais voulu être complice avec elle. Mais j'ai appris à vivre sans, tout comme vivre sans sœur. C'est dur, mais il faut continuer.

Tag(s) : #you piss me off, #etats d'ame

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